Galerie La Petite Renarde Rusée

jeudi 11 octobre 2012

Vincent Guesdon, Accroché à la vie comme une tique (extraits))



Accroché à la vie comme une tique
Je fume ma cinquantième cigarette
perdu dans les eaux troubles
je consume ma santé
dans les clopes et le café,
et si je continue dans ma narcolepsie
ma vie sera bien courte.



Ma liberté s’envole dans les volutes de fumée
il faudrait que j’arrête de fumer
et que je prenne mon Solian
et que je me lave les dents
voilà un soir de cafard
qui résume un peu l’histoire
de toutes mes inepties d’un soir.



Je bois des cafés toute la matinée et à part ça rien à signaler
enfin, pas sûr
pas certain
pas compris
pourquoi l’espace de mes sensations me déréalise comme de la gélatine de bœuf
lyophilisé



Chaque jour de la semaine, j’attends ce moment d’intense émotion avec fébrilité et impatience
ce jour-là je vois dans les yeux de la stagiaire infirmière une lueur signe d’une connivence sensuelle
j’attends pendant 15 jours
c’est un supplice d’attendre ce moment de grâce, de félicité, de complicité

et puis arrive le fameux jour
d’abord elle me prend la tension avec toute son attention
et elle prononce avec une voix sensuelle que ma tension est bonne
elle prend soin de moi
puis elle prépare l’injection dans un rituel immuable
cela dure au moins 10 minutes
ensuite vient le moment sublime où je baisse mon pantalon
et montre ma fesse gauche
et là elle injecte le produit en intramusculaire

je n’oublierai jamais ces moments de complicité
ces moments inoubliables d’un érotisme torride

bon ok j’arrête mes conneries, je déteste ces piqures à la con mais j’en ai besoin





Ma vie est sporadique c’est un mélange de boursouflure pédantesque et

de parcimonie grand guignolesque c’est aussi un flegme tonique qui s’alanguit
sur une
plage de sulfure bucolique
si vous ne comprenez rien à ce que j’écris, c’est normal, moi non plus
j’aimerais pouvoir incommuniquer quelque chose de communicable
qui serait un léger palliatif de mes sentiments qui restent bloqués par un miracle
quelconque
dans une mare noire ou dans un sillon rouge de sang
les étudiantes passent toujours à la même heure dans ma rue mues par une sorte
de contrôle
horaire divin
mais non je suis bête elles étudient






Les déluges artificiels des flâneries de dentelles

constituaient le délire passager de Roger
C’était un homme humble et chauve
il écoutait ses sentiments qui se perdaient dans
un océan de tourments.
Par quel bout commencer ?
Quel choix stupide inventer ?
Que faire lorsque rien ne semble briser cette velléité dormante ?
Regarder une série télévisée en pensant à ce que sera
le jour prochain sans penser au lendemain
Paradoxe puéril des doryphores mercantiles
sphère juteuse d’une mélopée sensorielle et surannée.
Protocole standard noyé dans un cafard aux accents de café noir
Soliloquerie butée mais partagée.
Opinion exacerbée dans un mélange subtil de pistil parfumé redingote et pommes
de terre dans la cafetière
trou noir dans la mémoire.
Désastre du lent mouvement de l’essuie-glace, énumération trop longue, ennui et
mélancolie, dualité en apostrophe,
texte débile et logorrhée usagée.
Signé furax !





Extrait - Paru dans Niveau 8, recueil collectif, Ed La Poussière Dit, Octobre 2012

Prix de vente : 13 €

Contact : Julien Ferdinande (julien.ferdinande@hotmail.fr)


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