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Niveau 8, recueil collectif de littérature, n°2 (parution)



(Dessin de couverture : Denis Ferdinande)

Parution de Niveau 8 n°2, recueil, 150 pages, aux Editions La Poussière Dit, 2012
Textes de : Denis Ferdinande, Mimosa, Julien Carré, Vincent Guesdon, Francis Duriez, Cedric François, David Van Robays et Hervé Fléchais, Julien Ferdinande
Sous la direction de Julien Ferdinande.

Prix de vente : 13€, port compris
Adresser toute commande à :
Julien Ferdinande (julien.ferdinande@hotmail.fr)





Francis Duriez, Vous n'êtes pas obligés... (extrait)



Premier et ultime chapitre

     Nina Hagen lui avait tué le tympan droit. Guesh Patti lui acheva le gauche déjà bien amoché.
    Cette fois Étienne en eut plein les bottes et n’entendit plus rien à la raison. Il décida alors, face aux iniquités de la vie, une fois passés en revue remords et griefs, de disparaître, tout simplement.
    Mais, disparaître n’allait pas de soi. Il fallait s’exécuter dignement. Et, puisqu’on l’avait si souvent envoyé se plaindre ailleurs, il résolut de se pendre ici, bien en vue. Résolution qu’il appuya d’un « Na ! » infantile tout en tapant du pied le sol qui ne lui avait rien fait, plongé dans un sommeil que d’aucuns prétendent réparateur – je pense que ces aucuns là ont dû confondre sommeil et atelier de mécanique auto. Mais Étienne, pas moins que moi, n’en avait cure.
    Comment allait-il se comporter, le Étienne ? N’allait-il pas élaborer un plan, avec le peu de raisonnement encore à sa portée ? Ou bien alors ne lui prendrait-il pas la lubie de se balader en tous sens entre les blancs et les gris du texte, exquis labyrinthe fomenté au gré de l’humeur instable de son cerveau amoindri, jusqu’à remonter à : « Cette fois Étienne ». Eh bien, cette fois-ci, Etienne et moi-même étions déterminés à quitter ce paragraphe par trop laborieux à notre goût.
    Une fois ce seuil franchi, il convient de rétablir l’ordre dans la maison : Etienne le personnage, moi le narrateur. Mais là hélas j’ai un blanc. J’ai perdu des notes et des brouillons. Quand je dis perdus, traduisez fauchés. Oui ! Fauchés ! Je suis convaincu que ce mauvais coup est l’œuvre de mon ex-secrétaire Frina Désirzcü. Mauvaise habitude que j’avais prise de pendre ma veste dans le couloir sans en vider les poches. La Désirzcü ne se gênait pas de les fouiller, et disparaissaient parfois des tickets de transport, tantôt un briquet. Une autre fois un calepin, qui me fut restitué avec des pages manquantes de notes et brouillons, et non des moindres. Un autre jour je surpris Frina mangeant gloutonnement des feuillets de carnet. Lorsqu’elle m’aperçut elle avala subrepticement sa boulette de papier avec une sorte de gloussement qui aurait pu passer pour de l’admiration teintée de concupiscence envers ma pomme. Mais je n’étais pas dupe.
   Un peu plus tard, je lui tendis un piège. Je laissai un carnet vierge dans ma veste, avec une enveloppe cachetée insérée en son milieu. Sur cette enveloppe on pouvait lire : « Désirzcü Frina : Rapport confidentiel », en gros caractères. Déjà de quoi la faire flipper. A l’intérieur un pli la concernant. Il y était énuméré un tas d’observations sur son comportement au travail et pendant les pauses. Liste établie selon les rapports du système de vidéosurveillance, prétendument installé par un mien ami expert en la matière et en trompe-l’œil, depuis quelques mois, alors qu’elle était en congé. Les charges étaient lourdes !
    J’aurais du me réjouir du mauvais tour que je lui jouais. Mais il n’en fut rien, j’étais plutôt préoccupé par le devenir d’Étienne. Il me fallait retrouver les chaînons manquants de son histoire, les réécrire de mémoire. Ce petit tracas me fit gargouiller l’estomac, de fait : j’avais faim. Aller à l’épicerie du coin, acheter du chocolat pâtissier. Sortir. Zut, il pleut… - vous pensez que je devrais envoyer Frina ? Mais elle n’est pas ma bonne, et je ne me fais livrer que par moi-même. Bon, sortons… clac !
   Clic ! Le couloir. Vision fantasmagorique, les bras tendus vers le désespoir comme un naufragé du « Radeau de la Méduse », Frina, telle une molle épave que le ressac a abandonnée, à demi allongée s’accroche prostrée à la cimaise de bois, griffant de ses ongles le vernis déjà bien écaillé. Tableau pathétique, dérisoire ou érotique ? Pas le temps de choisir ! J’ai l’air de celui qui arrive trop tard pour brûler la cervelle de Marinette déjà morte. Vous avez compris : avec mon p’tit calepin j’avais l’air d’un con, ma mère !...
[...]





Paru dans Niveau 8, recueil collectif, Ed La Poussière Dit, Octobre 2012

Prix de vente : 13 €
Contact : Julien Ferdinande (julien.ferdinande@hotmail.fr)


Francis Duriez, Longtemps je me suis demandé

    Longtemps je me suis demandé si ce texte se terminerait dix jours après la naissance du springtime, ou vingt et un après celle de Brisavion.
    Ah ! Quel bel été se présente à nos espoirs de maturation et de plénitude béate ! La chute des corps ceints de l’esprit dans l’oubli des courbatures, dans la musique du vent et des feuilles.
  Mais que valent une blanche, une noire, une croche ? Je vous laisse soupirer sur l’éventuelle fuite fortuite qu’un délai appréciable suspendrait entre ces notes, comme entre les branches d’un arbre où, concoctés par Van Acken, s’engouffrent et nous éblouissent des mondes lumineux et délirants.
  Quels délices alors Alice ! En voilà une bonne bouffée d’oxygène ! Il paraît que ce gaz précieux et corrosif à la fois procure une incontrôlable hilarité. Nonobstant : comme tout excès nuit, l’angoisse, de l’autre côté du balancier, nous empêche de boiter.
  Vraiment ? Je n’en jetterais pas la main au feu, ni l’autre d’ailleurs, elles me sont trop précieuses ! Et puis, qui dit mains dit doigts. Mais dix mains dix doigts, phonétiquement cela fait cent doigts. Remarquez que phonétiquement encore, dix mains sans doigts, ça la fout mal, surtout quand le nez vous gratte. Quant à se gratter l’oreille avec le nez faute de doigts, il faudrait bénéficier de quelque passe-droit assez génétiquement tordu, autrement dit : avoir le bras long…
  Voilà à quoi peut ressembler un premier mois d’été pourri, si l’on ne prend pas les devants. Comme la fin juin sentait déjà le moisi, j’ai pris un billet pour l’Exopotamie où un chantier de jeunesse pour vieux cramoisis m’attendait. Arrivé dans le désert, Atanagore et sa bande m’accueillirent. Je pris logis dans cet hôtel si particulier, que vous connaissez bien et que traverse une voie ferrée et peut-être bien aussi une voix Ferré. Là pour la énième fois, j’entamai l’Automne à Pékin, histoire de prendre de l’avance, en écoutant en boucle « Sunny Afternoon… ».
  Pour se distraire, on pouvait louer un apprenti et, à cheval sur son dos, se balader dans le désert pour un centime de sou. Mais mon humanisme – « Madame la Misère, écoutez le tumulte que font vos gens, qui monte des bas-fonds ! » ruant dans les brancards, m’interdisait l’emploi de ce moyen locomobile barbare. En effet, comme rien n’est normal dans cette contrée, ces pauvres apprentis nourris chichement et assoiffés, tiraient une langue verte comme du cuivre oxydé. Spectacle pitoyable et répugnant.
  Un jour mon réveil sonna. C’était le signal, il fallait quitter l’Exopotamie, l’interne tueur de chaises, et toute la compagnie.
  De retour en métropole, je me reconnectai avec l’actualité : journaux, radios, télé, histoire de me tenir au jus des évènements. Je reçus en pleine poire une avalanche de nouvelles nauséabondes, commentées par un panel de multispécialitologues aussi gerbants et salivants les uns que les autres. C’était d’une telle débilité dont émanait une puanteur si tenace, que même en déchargeant tout un barillet de magnum 9 mm dans leurs supports, je dus garder plus d’une semaine, à califourchon sur mon nez, une pince-à-linge.


 




Texte paru dans L'Air du Temps, recueil collectif, juin 2012
 

Niveau 8, recueil collectif de littérature, n°1 (parution)


De gauche à droite et de haut en bas : Denis Ferdinande, Annie Wallois, Hervé Fléchais,
David Van Robays, Jean-Louis Rambour, Francis Duriez, Marc Tison, Julien Ferdinande




Parution de Niveau 8, recueil collectif n° 1, mai 2008.
Avec les textes de : Denis Ferdinande, Jean-Louis Rambour, Marc Tison, Annie Wallois, David Van Robays, Francis Duriez, Hervé Fléchais, Julien Ferdinande
et 2 dessins de Hervé Fléchais
Sous la direction de Julien Ferdinande.

Editions Carambolages
430 Rue Léon Gambetta
59000 Lille

Prix de vente : 12 €, port compris
Adresser toute commande à :
Julien Ferdinande (julien.ferdinande@hotmail.fr)


DVD Lectures : L'ultime Dîner des Vilains Bonshommes et Bonnes Femmes

Photos : Guy Ferdinande
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Rumour présente sur You Tube :
– Bruno Mattéi - Ciel que les mots sont humides !
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– Zarbi le Ch'ti - Le Tombeau de Boby Lapointe
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Ce DVD est un supplément au n°93 de la revue littéraire Comme un Terrier dans l’Igloo dans la Dune.
Il présente les lectures suivantes:
Dan Ferdinande : Chat, chat, chat
Patricia Prince, David Van Robays, Denis Ferdinande, Francis Duriez, Julien Ferdinande : N'ayons pas peur des renoncules
Guy Ferdinande : Le tombeau de Bobby Lapointe
Bruno Mattéi : Ciel, que les mots sont humides !

Myriam Degrève, Bruno Groensteen : Versets de la bière
Christoph Bruneel, Mimosa : Ode à la tartine

Prix de vente : 10 euros (comprenant la revue, le DVD et le port)
Pour toute commande s’adresser à :
Guy Ferdinande

Tél : (00 33) 03 20 08 92 45