Jean-François Declercq - Poèmes : Couleurs, suivis d'Aphorismes

Exposition collective virtuelle mais néanmoins réelle en temps de confinement










I





Vibrations d’oiseaux :
Le rouge
gorge déployée époumone sa joie
Le col vert lourd dans son vol
de plumes serrées passe en zébrant le ciel
L’oie blanche est un flocon de neige
qui glisse sur les nuages





COULEURS





Dans nos yeux, toutes les mers du monde, un concentré de bleu. Dans nos cheveux, tous les champs de blés, jaunes, craquants de vent. Sur notre peau, la senteur et la chaleur du grain. Dans nos larmes, les armes de la colère. Dans notre bouche la langue pleine des peines égarées.
(dans nos yeux toutes les mers du monde un concentré de bleu dans nos cheveux tous les champs de blés jaunes craquants de vent sous le soleil sur notre peau la sueur collée à la sueur dans nos larmes les armes de la colère notre peine farouche toute fraîche égarée dans notre bouche la langue pleine des peines égarées)
Enfourchées, sur le chariot du vent







ROUGE




Tu ne sais du rouge que le coq qui chante,
Il chante rouge dans le ciel bleu du matin.







VERT



Ronde, une colombe, comme un petit pois vert, luit dans le ciel bleu







ARC EN CIEL



Notre main,
Notre main sont deux poissons
d’argent.
Dans l’eau claire
Ce matin,
Une truite « arc en ciel »
dans le silence de nos yeux.





ORANGE




Dans le nœud de l’arbre la sève est rouge de silence. 
L’oiseau y dort à poing fermé.


Le ciel brûle orange - comme un orage de grêles - comme un sucre d’orge 
- qui chante dans la gorge.








BLANC



tu ne sais du blanc que le flocon de neige qui tombe
du lilas
ou de la blancheur nacre de ta robe
ou de celle de l’aube que tu portes sur les épaules
une fleur de croix
une fleur de prière
lourde,
qui te tire vers la noirceur grasse
de la terre.





JAUNE


Bouton d’or, tu ne connais du jaune que la fleur déboutonnée de l’or.










II




APHORISMES DE LA JOIE





Même, si nous malmenons nos rêves
Ils surnagent dans nos yeux



*




Écrire, c'est toujours dire l'amour avec les mots qui ne sont jamais les mêmes



*




Les mots nous meuvent et nous émeuvent
Comme l’épreuve nous prouve et nous éprouve





*




La parole palpite aux bords des lèvres closes
Le corps, rien que le corps, murmure
Étrange est le ressac, nuée de muettes nues




*




Ma bouche est un long corridor où les mots s’entassent comme des cartons vides





*




Ta main, toujours aussi légère que le frisson des fougères





*





C’est dans le silence de sa main
serrée la nuit dans la mienne que la
vie s’éveille





*





Je connais le sexe des fleurs sur le bout de la langue
bouton de rose, rose
 perle d’éternité





*





Déjà,
des traces de pas sur la neige du
parquet
Le chat dort sur son rayon de lumière
Il est midi





*





Ce sont nos pas qui tracent le
chemin
Le mystère est dans le sourire des
étoiles qui l'éclairent





*




Échange :
Une boîte de murmures
Contre un litre de vent





*





S'il nous faut mourir quand le ciel
se lève
C'est que le ciel se lève sur une
autre vie













*



Jean-François Declercq vit à Lille
Il écrit des poèmes
Il est bassiste dans le groupe Les Malades depuis 1981
De profession il est papouillothérapeuthe




"[L]es textes, Couleurs, sont pour l’instant inédits et devraient être publiés cette année sous la forme du recueil que je lis * et qui devrait s’appeler « Silences Verticaux » . Mes dernières publications sont « Des Mots Justes – Juste des Mots » 2019 et « Blancheur d’étoiles » 2016, aux éditions Accents Poétiques. Sinon, s'il faut aller un peu plus loin, j’ai pas mal œuvré pour la poésie avec « Contagion » dans les années 70-80 en éditant deux recueils personnels, en vendant surtout la production du Castor Astral sur les Facs et surtout en réalisant une série d’affiches poétiques que je collais sur les murs des villes du coin. (Conseils, Les coccinelles, Kaki Kaka, Le cris, Savoir dire non, etc.) J-F D.


Voir ses lectures sur Facebook : https://www.facebook.com/poemesjfdeclercq

Voir entre autres vidéos cette lecture à Lille filmée par Guy Ferdinande en 2019



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