Texte : Guy Ferdinande, La Bonne année


Avec son arrière-goût de sapin, on aurait pu croire qu’il ne lui manquait que les boules. Détrompez-vous, ni elle n’a, ni elle n’a besoin de boules. Il ne lui manque rien. Vraiment, vraiment, elle est très bien. La coquille, la fougasse ou la galette des rois tant que vous voulez, elle est là pour ça, mais les boules ne sont pas consignées, gardez-les afin de vous les fiche dans les oreilles l’heure du feu d’artifice venue.
Contrairement à ce que considèrent les boulistes, les boules ne sont pas le commencement de la sagesse. Avec tout ce qu’il s’est passé en 2016 il y aurait pourtant de quoi les avoir. Eh bien non, avec l’éternel retour de la bonne année, adieu chocottes, gastroentérites et grippes à poil dur ! Rien ne va prévaloir que la santé, la bonne santé !
Vous vous souvenez de 2015, n’est-ce pas ! Année de sombre mémoire qui frappa tant les esprits. Heureusement que la fin de l’année venue, nos bons vœux effaçant l’anathème firent de 2016 un cru tout à fait exceptionnel. 2016, nous te louons à gorges déployées, à pleins poumons et à fond les balais ! Je ne dénigre pas 2015 pour autant. Ce serait noircir inconsidérément le tableau que d’omettre que tout ce qui nous enchanta durant ces douze mois fut redevable aux bons vœux prodigués lors de la précédente Saint-Sylvestre !
Il peut bien pleuvoir à la Saint-Médard si à la Saint-Glinglin revient le mot de la fin ! Saint-Glinglin, clou qui chasse l’autre, aucune battue ne résiste aux propriétés d’annihilation que l’ardoise magique te prête ! Il faut donc rendre à 2014 ce qui appartient à 2014 et dire que les apparences ne sont trompeuses que pour qui s’obstine à ne pas vouloir discerner sous les vessies les lanternes, sous les désirs la réalité ou sous les pavés la plage, comme on se plaisait à dire en des temps plus badins.
Toutes ces calamités dont on nous rebat les oreilles me font penser à l’art terriblement fin de siècle qu’on qualifia de « pompier » où la représentation d’une femme dans le plus simple appareil, fût-elle Vénus ou Rolla, restait une femme à poil. Avec n’importe quelle œuvre d’art contemporain, au contraire, c’est l’œil du regardant qui fait la chose. Là où l’œil du voyeur se bornait à ne voir que ce qu’il voyait, celui du voyant fait de ce qu’il voit une transsubstantiation.
Et aujourd’hui, il en va de même avec la réalité. Ce ready-made qu’on nous vend comme étant la réalité, n’est-ce pas ce qu’il y a de plus incontournable, de plus radieux même ? Non, il n’est pas outrecuidant de dire les divans profonds que furent ces années 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016, pour ne citer que les dernières en dates. La bonne année est le sésame à l’aune duquel nous pouvons affirmer que 2017, à l’instar de ses prédécesseures, arraisonnera la raison que nous prêtent les arrière-trains de sajous et qu’elle sera, à n’en pas douter, bonne et heureuse !... 


Vidéo sur You Tube : 
 https://www.youtube.com/watch?v=jtYEOoU9l8k




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