Guy Ferdinande, Dessins de poche, tout dessein y ricoche

 














































































































































































DESSIN DE POCHE, TOUT DESSEIN Y RICOCHE

Autant le livre de poche fut, en 1953, une innovation, autant le Dessin de Poche (pocket drawing pour les anglicistes), qui en soi n’a rien de très innovant, se veut une proposition, pour ne pas dire une idée. Si c’était une idée, ce serait vraiment une petite idée fondée sur la rencontre du calepin et du stylo à bille [1] sur le billard, ce à l’heure où smartphones et iPods sont devenus les incontournables de l’e-universalism que l’on sait.
Dans quelque situation d’attente où je puis me trouver (transports en commun, salles d’attente, etc.), soit je lis, soit quand les playlists de pubs finissent par couper court à toute concentration, je griffonne sur mon calepin.
Le principe qui a préludé aux vingt figures de traits [2] que je vous présente ici est, outre de ne faire appel qu’aux seuls stylo-bille et calepin ligné, de n’avoir requis aucune ébauche (on ne triche pas !) ; tout trait, fût-il le plus leste, le plus hasardeux, le plus maladroit, est irrévocablement définitif et/ou définitivement irrévocable : en substance, il
ne s’agit que de faire des p’tits traits, des p’tits traits, toujours des p’tits traits. Pratique, non ? Vous emportez toujours l’art avec vous, mieux : vous l’avez toujours sur vous puisque cet art est le vôtre.
Je vous laisse imaginer le silence si tout à coup trois milliards d’artistes venaient à se substituer à trois milliards de smartphonistes ! Quel big-bang décroissanciste ce serait. Ne se bousculerait-on pas chez le docteur ou chez le dentiste pour dessiner entre patients ? Moyennant quoi, une fois rentrés chez vous, vous pourriez tout à loisir peaufiner votre dessin d’un coup de feutre ou de mine de plomb si le cœur vous en disait.
Seul le dessin de poche permet de faire n’importe quoi sans s’autoriser de quelque contemporanéité que ce soit ! Le dessin de poche est libre de toute obédience, de toute affiliation, de toute servitude, vous n’êtes l’épigone de personne : il est l’enfance de l’art retrouvée. Il est aussi à votre seule intention, éventuellement à celle de vos amis de facebook si vous le partagez. Et s’il ne se vend pas, soyez convaincu que ce n’est pas parce qu’il est invendable, seulement parce qu’il est inestimable.

1. – Inventé en 1919.
2. – Format 13,7cm x 8,7cm 


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