Galerie La Petite Renarde Rusée

samedi 5 juillet 2014

Marie Noël Döby, Poupées (les Döbys)


 
 













































 
 
 
 

Un conte à elle toute seule

J'ai découvert les collages de Marie Noël Döby très exactement le lundi 24 septembre 2001. Ce jour-là, sur le comptoir de la librairie Un Regard Moderne, rue Gît-le-Cœur à Paris, une merveille m'attendait : un petit livre comportant 25 collages originaux, dont certains rappelant les évènements récents du 11 septembre, et d'autres mêlant dessins et collages. Je ne connaissais pas encore l'auteure de cette œuvre, mais j'ai eu envie de lui écrire pour la remercier. Depuis, j'ai eu l'occasion de voir des centaines de nouveaux collages, de tomber sous le charme de ses poupées, et de comprendre en regardant ses dessins qu'ils contenaient déjà les poupées et tout son univers. "Je n'ai rien à dire sur ce que je fais", dit Marie Noël, "je ne fais que jouer avec des couleurs". Pour l'avoir écoutée et pour m'être pénétré de ses créations qui me fascinent et dont je ne parviens pas à me détacher, mon opinion est tout autre : il y a chez Marie Noël Döby la puissance, la singularité, la pénétration d'un regard. Ses collages sont une écriture. Ses dessins donnent naissance à ses poupées. Ses poupées sont aussi des collages, comme les objets vaudou qui sont en fait des assemblages intégrant des charmes et des objets cachés. Elles se nourrissent de la sensualité de femmes dont elle s'inspire. Chaque poupée est vivante : elle a le regard, la chair, la peau d'une femme réelle, on peut la caresser. Marie les embrasse quand elles partent et quand elles reviennent. Marie Noël Döby se nourrit de tout ce qu'elle voit, de tout ce qu'elle trouve pour l'intégrer à ses collages ou à ses poupées. Elle trouve de l'ivoire, des soies précieuses, elle trouve même de l'or sur les marchés aux puces… La documentation sur son travail est rare, car Marie est généreuse : elle disperse tout. "Mes collages sont comme des papillons", dit-elle. "Ils doivent s'envoler". Les poupées ont parfois des ailes, comme les anges et les fées. Devant l'une d'elles, une petite fille a dit un jour : "C'est un conte à elle toute seule." Quel meilleur compliment ?
 
Philippe Lemaire
La NRM n°32 - Printemps 2013
 
 
 
 
 
 

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